Un jour à Kyôto

Publié le par Adri

Il y a un certain temps que je souhaitais passer par Kyôto et visiter cette cité historique, place forte culturelle et touristique. Malheureusement, nous n'avons pas pu y rester très longtemps. Il faudra donc, une autre fois j'espère, revenir en ces lieux où la ville prend une nouvelle dimension encore par rapport aux villes japonaises que je connais déjà. Loin des buildings immenses et de la frénésie tokyoïte, de l'agitation et des soirées tardives sur les plages de Fukuoka, Kyôto est une ville sereine où les anciennes habitations côtoient les hôtels modernes et la gare avant-gardiste. Nous avons rejoint Kyôto en Shinkansen (新幹線), ce qui nous a permis de savourer une fois encore les prouesses de ce transport à grande vitesse merveilleux. Je n'ai pas changé d'avis comparé à ma première expérience de ce train incroyable. Voici une petite photographie de moi en gare de Tôkyô, devant ce Shinkansen Hikari de la série 300.

Après avoir parcouru les 514 kilomètres séparant Tôkyô et Kyôto pour 13.000 yen et après avoir aperçu dans la brume le Mont-Fuji, nous avons débarqué dans la gare post-moderne de Kyôto, établie sur douze étages et diffusant le flot des touristes par ses multiples escalators, ascenseurs et allées couvertes.
Kyôto (京都) dont les kanji signifient la ville capitale a été la capitale impériale du Japon de 794 à 1868. En 794, l'empereur souhaita quitter Nara, pourtant toute proche, et l'influence bouddhiste qui s'y trouvait. C'est alors que Kyôto devint capitale et l'empereur s'installa, avec la cour, dans le quartier sud. Il y fit construire le palais impérial. Ce dernier est resté la résidence de l'empereur même lors de la période du Shogunat. Toutefois, Kyôto ne disposait plus alors de pouvoir politique ou administratif et l'empereur Meiji, déplaça la capitale vers Edo, devenue Tôkyô, lors de son accession au pouvoir et de la restauration impériale, en 1868. Le palais impérial, reconstruit à plusieurs reprises devint dès lors la résidence secondaire de la famille impériale. Le palais actuel date de 1855 et, par son caractère officiel, est difficile à visiter. L'agence impériale organise des visites mais il faut présenter son passeport et réserver la veille pour espérer pouvoir pénétrer dans l'enceinte du palais qui couvre environ onze hectares. A l'intérieur, pas ou peu de surprises à l'exception notable de tapisseries magnifiques et d'un jardin japonais reposant à souhait et très agréable. Cette visite a été, comme souvent nous concernant, gâché par la pauvreté et le ridicule des propos et des comportements des visiteurs étrangers qui effectuaient la visite, interprétée en Anglais. Je ne souligne pas que les attitudes les plus aberrantes étaient inévitablement françaises et vous propose quelques clichés du palais ci-dessous.





























Le jardin ci-dessus est typiquement japonais, sa végétation miniature taillée en rond, son bassin entouré de galets blancs et surmonté de ponts à deux arches symétriques. Le palais a donc été, bien que tout soit relatif, une petite déception. Le temps incertain et la fermeture des principaux sites culturels à 17 heures nous ont ainsi obligés à faire des choix. Nous avons donc opté, en lieu et place du pavillon d'or, pour le temple Kiyomizu-dera que je voulais découvrir absolument. Ce temple est l'un des emblèmes de l'ancienne capitale impériale du Japon. Il est l'un des plus visités aussi.
Kiyomizu-dera ('清水寺) signifie le temple de l'eau de source mais aussi de l'eau pure. Cette appellation provient de la source qui coule en chute d'eau à l'intérieur du périmètre sacré du temple. Celle-ci, dénommée Otowa-no-taki, projette son eau pure en trois canaux qui plongent dans un petit bassin. Boire cette eau, ce qu'il est possible de faire à l'aide de coupelles en fer stérilisées grâce à des Ultra-Violets (tout un programme), conférerait santé, longévité et réussites dans ses études.
Les origines du temple remonteraient à l'an 798. Il aurait été édifié, selon la légende, par Sakanoue no Tamuramaro. Cependant, comme l'écrasante majorité des édifices au Japon, la version actuelle serait plus contemporaine puisqu'elle aurait été établie en 1633. Le temple surplombe magnifiquement les hauteurs de l'est de Kyôto. De là, la vue sur la ville et sa fameuse tour est magnifique. Voici ci-dessous, un aperçu des chutes d'eau et de la ville de Kyôto :












Kiyomizu-dera est un site composé de plusieurs petits temples de confession bouddhiques. L'un des plus connus est le jishu-jinja, temple dédié à Okuninushino-Mikoto, un dieu de l'amour et des rencontres amoureuses. A l'intérieur, deux pierres espacées de dix-huit mètres doivent être rejointes par les célibataires les yeux fermés. Si la personne réalise parfaitement la jonction, elle trouvera rapidement l'amour. Pour la petite histoire, il est possible d'être aidé par quelqu'un mais alors, l'individu ne trouvera l'amour que par le biais d'un intermédiaire...
Le temple phare du complexe de Kiyomizu-dera demeure tout de même son bâtiment principal. Juché sur une centaine de piliers soutenant la plate-forme principale, il domine Kyôto majestueusement. Outre son point de vue magnifique, cette plate-forme dispose d'une symbolique particulière : du temps de la période Edo, il était dit que quiconque sauterait les treize mètres qui séparent la plate-forme du sol et survivraient à cela verrait tous ses voeux se réaliser. Aujourd'hui, cette pratique est interdite mais quelques trois cents personnes ont relevé le défi à l'époque. Seuls quelques malheureux ont péri, les autres ayant été sauvés par l'abondante végétation qui jouxte les piliers porteurs.

Voici donc la vue sur Kiyomizu-dera du chemin qui surplombe sa source. On aperçoit aisément les piliers porteurs cachés sous la végétation des cerisiers et au fond la pagode du site. Ce cliché est l'un des emblèmes de la ville. Il est visible également dans plusieurs films dont l'intrigue se déroule au Japon. Je vous propose à nouveau deux clichés de ce bâtiment, vu de plus près, où la vue sur la ville se dégage quelque peu malgré les nuages pluvieux.















Après avoir contemplé cet environnement particulier, nous sommes redescendus vers la ville par une ruelle très commerçante avec une pente très raide. En bas, les participants et les admirateurs du Gion Matsuri se pressaient déjà pour célébrer la fin du festival. Parce que oui, nous nous sommes rendus à Kyôto ces jours-là afin de prendre part à l'un des plus fameux festivals de la ville.
Le 17 juillet est le jour apothéose de ce festival connu dans tout le Japon. Tous les quartiers traditionnels de la ville s'illuminent de lanternes et de couleurs vives les soirs précédant le 17. Un peu comme à Fukuoka pour le Yamakasa Gion Festival,  le Gion Festival de Kyôto voit s'opposer les représentants de différents quartiers de la ville dans une procession de chars rivalisant de décorations. Autant les métiers de la soie, des marionnettes et des poupées sont mis à l'honneur dans les recoins de Hakata, autant ici les principales décorations sont de riches et anciennes tapisseries particulièrement bien tissées. Des enfants chantent et appellent les visiteurs à se munir d'amulettes pour protéger leur maison et leur foyer. Le festival a pour origine l'an 869 lorsqu'une série d'événements dramatiques eurent lieu dans la ville, notamment une épidémie de peste qui décima la population. L'empereur d'alors demanda aux différents temples de prier pour le japon tout entier et pour conjurer ces fléaux, un grand festival fut mis en place. Plus que millénaire, il attire toujours une foule plus nombreuse chaque année.


























Les rues étaient remplies de badauds, de touristes affluant vers les échoppes où gastronomie japonaise, bières et fruits frais arrosaient l'atmosphère d'un parfum de vacances. Plus loin, au son des gongs et des flûtes, les premières processions commençaient, joyeuses et entourées d'une foule compacte.















Petit à petit, nous nous sommes extirpés de la liesse de la foule pour rejoindre la gare et ses dédales de couloirs futuristes. Déjà, nous repartons vers Tôkyô en Shinkansen, à bord d'un train Nozomi N700 de dernière génération en laissant derrière nous la richesse culturelle de Kyôto... Il faudra, comme je le disais plus haut, revenir et découvrir cette région du Kansaï, notamment le grand buddha de Nara et le mythique et mystique Koya-San. Une autre fois sans doute...

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L
mon cher Adri , j'espere que tu as bu jusqu'à plus soif l'eau merveilleuse de la source Otowa-Notaki !!! on sent bien la fin proche de ton aventure à te voir courir d'un site à l'autre...il faut se faire une raison tu ne verras pas tout !!!! vous avez bien choisi le jour pour visiter Kyoto...le voyage a été bien amorti....Bisous...bisous...MAM
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R
Les touristes français ont été élus récemment comme les pires touristes du monde...Devines qui sont les meilleurs touristes? Petit indice, les J...
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