Nishi-kôen...
Je profite de la fin de l'automne et du vol incessant des feuilles colorées pour vous montrer quelque peu mon quartier. Assez proche des bons endroits de la ville, mon appartement est situé à mi-distance de deux parcs : Ohori-kôen et Nishi-kôen. Le premier est le plus grand mais je vais m'intéresser ici au second, tout simplement parce que je n'ai pas assez de clichés du parc Ohori à vous présenter. Je vous signale tout de suite que le terme kôen (公園) signifie "parc" en japonais.
Un tapis de feuilles dorées ouvrait le chemin délicat vers le parc. Sous mes pieds, le sol est craquant et moelleux, la petite côte à monter s'annonçait bien agréable !
Nishi-kôen est une forêt qui ressemble à un champignon ! Perdue au milieu de la ville, coincée par le périphérique d'un côté et l'étendue urbaine de l'autre, elle ne doit sa sérénité qu'à son relief. De ce fait, ce parc présente un double visage. Le calme qui se dégage d'un côté de ses flans est aussi imposant que l'agitation qui occupe le versant opposé.
En effet, il est très reposant de flâner sous les arbres, de se laisser guider par le cours d'un ruisseau aménagé, d'emprunter le petit pont de bois et observer, toujours, la palette de couleurs qui s'offre au regard...
Le versant opposé est complètement différent. Il est bruyant et en partie occupé par les taxis à l'affût du promeneur fatigué. Cependant, pour l'amateur de géographie, il est très instructif. Une sorte de balcon est aménagé au sommet de la colline et la vue sur la baie de Hakata est quasiment complète. Toutefois, le point de vue est orienté sur les activités portuaires et industrielles de Fukuoka : réserves de carburant, chantier naval et surtout sur le périphérique... Celui-ci est une route express qui survole le littoral de la capitale du Kyushu. Il emprunte un pont suspendu hallucinant qui enjambe le port mais qui semble complètement tordu... Voici ci-dessous deux clichés qui montrent le port et le périphérique. On peur remarquer les digues de protection contre les tsunami éventuels. De même, les lourds câbles qui portent le pont sont visibles sur la photo de droite à l'arrière du bâtiment marron.


Ce petit bout de verdure est donc bien étriqué au milieu de cette jungle urbaine. Pourtant, en grimpant quelques marches supplémentaires cachées derrière les arbres, une jolie vue sur la presqu'île qui referme la baie se profile entre les branches.
Ce parc, moins important que Ohori, est, dans sa partie la plus tranquille, en quelque sorte le havre de paix des solitaires ou des "fatigués" du tissu urbain. C'est aussi un des rares endroits où j'ai pu observer des enfants s'amuser sur leurs vélos en slalomant les arbustes pour dévaler les pentes douces de la butte. Mi-ange, mi-démon, complètement paradoxal et imprévisible, Nishi-kôen est surprenant mais il ne constitue pas le lieu de mes ballades préférées. Pourtant, il surplombe la réalité du premier port japonais de transport de passagers tout en préservant ces espaces hors du temps où les peintres romantiques de la première moitié du XIXème siècle auraient pu esquisser quelque modèle...