Escapade à Kamakura...
Nous voilà partis une journée pour Kamakura, une des villes les plus célèbres du Japon et accessible rapidement depuis Tôkyô. Nous avons mis exactement deux heures pour rejoindre la cité située sur la côte du Pacifique, à une vingtaine de kilomètres après Yokohama. Le trajet est un peu chaotique car il faut changer de train plusieurs fois. Nous descendons à Kita-Kamakura, la gare du nord de la ville. Kamakura a été de 1185 à 1333 la capitale du Japon et compte de nombreux temples bouddhiques et sanctuaires shintoïstes. Ce siècle et demi où le shogun régnait depuis Kamakura est une parenthèse pour Kyoto, qui était avant et après, capitale de l'archipel gouverné par un empereur.
A la sortie de la gare, nous pénétrons directement dans le temple Engaku-ji. Celui-ci est un temple bouddhiste zen fondé en 1282 afin d'honorer les Japonais morts pour combattre la Mongolie à la fin du XIème siècle et également pour diffuser cette culture zen, chère au régent du shogunat de Kamakura. Ce temple relève de l'école Rinzaï et est le chef de fil de l'une de ses nombreuses branches. C'est encore un havre de paix magnifique. L'intérêt de cette période est le fait que les monuments ne sont pas envahis de touristes comme cela peut l'être en avril. Bien-sûr, les cerisiers en fleurs doivent magnifier ces endroits mais le calme et le caractère mystique qui se dégage sans les touristes sont très agréables. Voici quelques photos pour illustrer mes propos :




Dix-sept petits temples ont été conservés sur les quarante bâtiments qui existaient dans l'enceinte du temple. Ils ont été soumis à des incendies principalement. Il faut dire que l'environnement est très boisé. Le site, à flanc de collines, semble en harmonie avec la nature. Pour preuve, un étang sacré trône au centre du complexe. Ce dernier est visible sur la troisième photo ci-dessus. Engaku-ji est également très célèbre pour sa cloche. Celle-ci aurait été fondue en 1301 et a une hauteur de 2.5 mètres. C'est la plus imposante de Kamakura et elle a été inscrite comme trésor national du Japon. On y accède par un long escalier abrité qui longe le petit cimetière du temple.

Cette visite était très charmante et nous voilà partis, après une pause déjeuner, pour la randonnée du Daibutsu, entendez par là la randonnée du grand Buddha. Mal nous en a pris, nous avons perdu une heure et demie dans un chemin cahoteux, qui montait, descendait, montait... Bref, nous partons à l'aventure, à travers une végétation très particulière, armés de nos petites chaussures de ville et persuadés que cette escapade nous mènerait directement en face d'une station de métro, boutiques de souvenirs et arrêt pour les bus... Et ça n'a pas raté !...
C'est dommage parce que nous n'avons pas pu visiter d'autres temples ensuite, la nuit tombant très vite au Japon. Cependant, si l'on voit le bon côté des choses, la randonnée a été l'occasion de confirmer la gentillesse des japonais qui viennent vous aider même quand vous n'êtes pas perdus, de bien rigoler et d'admirer la vue sur la baie de Kamakura dont les plages seraient très prisées des amateurs de farniente au mois d'août !
Finalement, après avoir usé pieds et chaussures, monté, descendu, monté, descendu... bref..., nous sommes arrivés à l'entrée du Daibutsu, inondée de touristes venus en bus ! Moyennant 200 Yens, nous avons pénétré dans le site et observé ce colosse de 13 mètres de hauteur environ. Il s'agit du second plus grand buddha du Japon après celui de Naha, mais serait le plus abouti sur le plan artistique. Cette information est à prendre avec précaution car elle émane du dit-guide qui nous avait conseillé la promenade qui monte, qui descend !... C'est une statue en bronze qui aurait été fondue vers 1252. Le bâtiment qui l'abritait aurait été détruit par un tsunami historique, l'océan se situant 1.500 mètres environ en contre-bas.


Le site est très agréable ; il est bordé de boutiques proposant des articles-souvenirs de qualité. La rue qui redescend vers la gare est très sympathique également et le charmant train en bois qui nous a ramenés vers le centre de Kamakura détonnait car nous sommes habitués désormais à une vraie modernité dans ce pays. Après avoir arpenté le centre-ville et pris une boisson au pied du sanctuaire Hochiman-gu, nous avons parcouru les petites échoppes illuminées qui proposaient okonomiyaki et diverses nourritures. Il était temps de rejoindre Tôkyô en restant debout dans un train bondé pendant deux heures. Les pieds ont souffert mais les yeux ont été comblés. Une fois de plus...